Réformes

Y a-t-il un économiste pour défendre le modèle social français ?

60 % des Français seraient « favorables » à une « libéralisation accrue de l’économie». De quoi conforter Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie. ©Stephane AUDRAS/REA

Serions-nous à un tournant ? Répondant à un sondage organisé par TNS-Sofres à l’occasion des Journées de l’économie de Lyon des 13, 14 et 15 octobre derniers, une nette majorité de personnes interrogées se disent favorables à plus de flexibilité.

Ainsi, 60 % des répondants se disent « favorables » à une « libéralisation accrue de l’économie française, par exemple en privatisant certains secteurs publics ou en ouvrant à la concurrence certains secteurs de l’économie ».

Ils sont même 77 % à souhaiter « alléger les normes et les règles qui encadrent l’activité économique, par exemple en matière de droit du travail, d’impôt ou d’environnement ».

Bref, le soutien semble s’étendre à l’égard d’Emmanuel Macron, pour qui la concurrence profite aux plus défavorisés, comme lorsqu’il constate que Stains, en Seine-Saint-Denis, est la ville où l’on compte le plus grand nombre de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) par habitant. D’une façon générale, il s’agit pour le ministre de l’Economie de lutter contre les rentes, ce qui est à la fois juste socialement et efficace économiquement, que ce soit avec les autocars ou, demain, les avocats ou les auto-écoles.

Cependant, il n’est pas sûr que les répondants mesurent nécessairement ce que les changements qu’ils appellent de leurs vœux signifient pour eux. Comme le dit Patrick Haas, directeur adjoint de la communication de la Banque de France, « tout le monde est d’accord pour réformer, introduire plus de souplesse et moins de règles, mais à condition de ne pas être personnellement impacté ».

Plus généralement, le modèle français est-il viable ? Pour Kenneth Rogoff (Harvard) et Jean-Olivier Hairault (Ecole d’économie de Paris), sans réformes profondes, le pronostic vital est engagé. A l’inverse, James Galbraith (université du Texas) estime que la France peut résister aux dogmes néolibéraux européens, et engager un nouveau processus de développement.

Kenneth Rogoff : Heureusement que la France n’est pas si française !

Pour Kenneth Rogoff, professeur à Harvard et ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), le modèle français dans son état actuel « constitue la feuille de route d’un déclin séculaire ». Rien que ça. Ainsi, tandis que la France était d’un poids équivalent à celui de l’Allemagne, elle enregistre aujourd’hui un déficit de 10 % du produit intérieur brut (PIB) par habitant.

Heureusement, nous dit-il, « la France ne se révèle pas aussi française qu’elle le prétend. Ainsi, le véritable temps de travail n’est pas de 35 heures par semaine, la plupart des employés travaillant plutôt 39 heures » [le chiffre est même de 40,5 heures en moyenne pour les personnes travaillant à temps plein, selon Eurostat].

Pour Kenneth Rogoff, le modèle français dans son état actuel « constitue la feuille de route d’un déclin séculaire »

De plus, se félicite Rogoff, la France a renoncé aux « grands projets conduits par l’Etat », comme le TGV dans les années 1970, et « commence à œuvrer en faveur de petites entreprises technologiques à fort potentiel ».

Certes, reconnaît Rogoff, les services publics sont de qualité en France. Mais il estime tout de même que cette efficacité est exagérée par une mesure du produit intérieur brut (PIB) qui « suppose aveuglément que les citoyens perçoivent un euro de valeur pour chaque euro versé au gouvernement », ce qui est selon lui « sans doute exagéré ».

De même, il estime que les lois protégeant les travailleurs (protection contre les licenciements, salaire minimum) sont défavorables aux nouveaux entrants sur le marché du travail, comme les immigrés. Elles seraient donc inefficaces et injustes.

D’ailleurs, note Rogoff, l’existence de « généreux avantages sociaux » n’empêche pas le « solide soutien populaire en faveur du parti anti-immigration Front national de Marine Le Pen », de même que « la réticence des Français dans l’acceptation des migrants fuyant la guerre de Syrie », ce qui, selon lui, « souligne les difficultés liées à la mise en œuvre du modèle français dans des sociétés diversifiées ».

Bref, pour Rogoff, le système social français est fermé aux étrangers – une affirmation étrange – et il n’est, évidemment, pas adapté à la mondialisation. Dans la même veine, Jean-Olivier Hairault dénonce le malthusianisme économique (supposé) de notre pays.

Jean-Olivier Hairault : travailler plus pour travailler plus

Selon Jean-Olivier Hairault, professeur d’économie à l’université Panthéon-Sorbonne-Paris-I et à l’Ecole d’économie de Paris, « travailler davantage constitue le seul moyen de préserver le modèle social ». En effet, les dépenses sociales sont passées de moins de 20 % du PIB en 1970 à 34 % actuellement, ce qui « entraîne automatiquement une montée des prélèvements obligatoires et de la dette sociale », une situation que Jean-Olivier Hairault juge « insoutenable ».

Or, ce qui explique les difficultés de la France, c’est le « déficit d’heures travaillées par habitant, 20 % en moins par rapport à 1975 », tandis que « le volume d’heures travaillées est resté plutôt stable dans la plupart des autres pays ». Ainsi, « lorsqu’un Français travaille 100 heures, un Allemand travaille 110 heures, un Britannique 124 heures, un Suédois 129 heures, un Américain 131 heures et un Canadien 139 heures ». On pourrait évidemment se dire que le Français est plus malin et plus productif que les autres, puisqu’il a un niveau de vie comparable en travaillant moins, mais cela ne semble pas être de point de vue de Jean-Olivier Hairault…

Envers et contre la vérité des chiffres, Jean-Olivier Hairault fait du partage du travail un « mythe »

Et surtout on relèvera que les chiffres donnés par Jean-Olivier Hairault ne prennent en compte que les travailleurs à temps plein, ce qui offre une lecture partielle de l’emploi. Si l’on mesure le temps de travail moyen de l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient à temps plein ou à temps partiel, on constate que la France se situe exactement à la moyenne européenne, avec 37,1 heures par semaine. C’est plus qu’en Allemagne (35,1 heures), en Suède (36,3) ou en Royaume-Uni (36,7 heures).

Autrement dit, le partage du temps de travail est une réalité universelle. Simplement, elle peut soit prendre la forme d’une réduction du temps de travail pour tous, soit se faire sous la forme de la multiplication d’emplois à temps (très) partiel. Ainsi, si le temps de travail moyen est aussi bas en Allemagne, c’est parce que les emplois à temps partiel ne sont que de 18,8 heures en moyenne (contre 22,8 heures en France), avec les conséquences que l’on imagine sur la rémunération des personnes concernées, en large majorité des femmes.

Mais cela ne fait rien. Loin de ces données et de l’évolution historique de la massive réduction du temps de travail au cours des deux derniers siècles, Jean-Olivier Hairault fait du partage du travail un « mythe ». Il convient donc selon lui « d’augmenter le temps de travail sur l’année et sur la vie ».

Les 5 millions de sans-emploi seraient sans doute d’accord, mais Hairault ne dit pas comment créer les emplois manquants, surtout si, comme il le propose, on fait travailler plus et plus longtemps (il propose de repousser l’âge de départ à la retraite) ceux qui travaillent déjà !

James Galbraith : la France est plus forte qu’elle ne le croit

Heureusement, il existe des économistes qui tiennent des discours plus positifs, tel James K. Galbraith, professeur d’économie à l’université du Texas à Austin, et vice-président de l’Institut Veblen. Pour lui, loin de devoir sacrifier ses services publics et sa protection sociale, la France doit dynamiser ses entreprises et se battre en Europe pour une politique progressiste.

Galbraith refuse ce qu’il appelle le « stalinisme du marché libre », qui veut démanteler les protections sociales « dans l’espoir, bien sûr, que l’inquiétude et le besoin poussent la population vers plus de discipline et de productivité ».

Or, note-t-il, Adam Smith a dénoncé ce mensonge il y a plus de deux siècles. Selon Smith en effet, « une subsistance abondante augmente la force physique de l’ouvrier ; et la douce espérance d’améliorer sa condition et de finir peut-être ses jours dans le repos et dans l’aisance, l’excite à tirer de ses forces tout le parti possible. Aussi verrons-nous toujours les ouvriers plus actifs, plus diligents, plus expéditifs là où les salaires sont élevés, que là où ils sont bas… » (La Richesse des Nations, chapitre VIII).

Galbraith refuse ce qu’il appelle le « stalinisme du marché libre », qui veut démanteler les protections sociales

Pour Galbraith, si des économies sont à faire, c’est dans « les domaines qui ne pèsent pas sur la condition humaine », tels que les dépenses militaires ou les extravagances des banquiers. De plus, il faut « protéger et renforcer les services publics et les assurances sociales », les biens publics étant « le moyen efficace de rendre disponible un haut niveau de vie au plus grand monde ».

Il convient également de « faciliter la création d’emplois et de nouvelles entreprises, surtout petites et moyennes, mais aussi d’entreprises à but non lucratif, qui peuvent permettre le développement organique de la société ». Pour cela, il faut « des prêts à long terme, des assistances techniques, des institutions ayant une capacité de mobilisation et de surveillance ». Et, dit Galbraith, « si vos banques n’en sont plus capables, alors créez donc de nouvelles banques ! »

Enfin, l’économiste américain estime que « la France peut, si elle ose, répudier les dogmes illettrés qui dominent actuellement la pensée économique en Europe (et ailleurs) ». Elle peut « s’attaquer à nos difficultés telles quelles sont, et non telles que la Banque centrale européenne les imagine ». En effet, conclut-il, « les amis de la France attendent qu’elle reprenne une place honorée, et honorable, dans les discours et le progrès des idées ».

Emmanuel Macron pourrait peut-être charger James K. Galbraith d’une mission sur le développement de notre pays ?

Commentaires

VIEREN

Vous écrivez : "Si l’on mesure le temps de travail moyen de l’ensemble des travailleurs, qu’ils soient à temps plein ou à temps partiel, on constate que la France se situe exactement à la moyenne européenne, avec 37,1 heures par semaine. C’est plus qu’en Allemagne (35,1 heures), en Suède (36,3) ou en Royaume-Uni (36,7 heures)." Certes mais ne faut-il pas plutôt tenir compte du taux d'emploi et calculer le nombre d'heures travaillées par habitant ? Dans ce cas la France serait probablement derrière l'Allemagne (pourtant pays à la population plus agée je crois) et probablement derrière les autres pays cités. En terme de taux d'emploi c'est largement vrai, la France se situant entre 7 et 10 points sous ces 3 pays (source : dernière colonne de : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF03135). Faudrait maintenant vérifier en terme de volume d'emploi par habitant si cela reste vrai

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Bascoul

Moi je vois de nombreuses craintes quand je lis de tel propos. Il convient que chaque être humain puisse gagner sa vie dignement, de son propre travail ainsi qu'avoir l'assurance d'une protection sociale. Comment une personne peut vivre avec un salaire qui correspond à 18h30 de travail qui lui procure un salaire de misère? A présent l'on ne pense qu'à la flexibilité pour que les employeurs aient toute latitude pour gérer son personnel. Je ne peux qu'être inquiet de tout ce je viens de lire. L'heure est à plus d'économie mais également un partage de la richesse.

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Eric

Je suis heureux d'entendre que la vision économico-libéralo-capitaliste (?!) n'est pas la dernière existante, et que ce modèle social pourrait avoir un avenir si nous le revendiquions. Mais intoxiqués de chiffres trompeurs et de discours mensongers, sommes-nous collectivement prêts à le défendre ? Avons-nous aussi les politiciens prêts à tenir leurs engagements de campagne une fois élus, ou le miroir aux alouettes des promesses vite oubliées contribuera-t-il encore à nous faire oublier qui nous sommes et quelles sont nos valeurs ?

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Yves Vermont

@Vieren

A propos du sondage TNS-Sofres dont les résultats ne sont pas en ligne avec mon intuition, disposez vous de la question qui a été posée aux 1043 personnes interrogées, et la méthode de recrutement pour juger de la représentativité de l’échantillon ? Relayer une information non vérifiable ou non vérifiée me paraît d’une totale contre productivité car cela fait le lit de ceux dont vous doutez de la sincérité. Merci donc de clarifier ou de demander accès au questionnaire et à la méthode de recrutement et de nous les communiquer. Piloter autrement avec éthique, le sondage TNS-Sofres ne-donnerait-il pas le résultat inverse ?

Je pense que Kenneth Rogoff a raison de craindre le déclin, mais il ferait mieux de s’inquiéter du déclin programmé des USA. Il n’est pas trop tard pour que les USA se reprennent. Les USA se raccrochent cyniquement au Tafta qui leur permettra de durer quelques années de plus en « saignant » l’Europe mais la Chine a suffisamment bien analysé les errements des USA pour n’en faire qu’une bouchée le moment voulu. Reprenez-vous, messieurs les américains, on vous aura prévenus.

Vous citez le déficit de 10% du PIB par habitant sur lequel s’appuie K Rogoff, soit 200 Md de déficit. D’où vient ce chiffre ? Je croyais que l’Europe nous demandait de nous en tenir à 3,5 et que nous irons légèrement au delà de 4%. Ce chiffre a-t-il un rapport avec les mouvements de capitaux nécessaires pour équilibrer notre balance des paiements, contrepartie des « investissements » financiers ou industriels de la France à l’étranger, sorties de capitaux qui nous fragilisent et dont la décision est d’origine privée ?

Le temps de travail est un sujet qui permet aux économistes d’écrire des articles dont la productivité est négative. Pourquoi on ne commence pas par comparer les pays en s’appuyant sur l’indicateur globale du temps de travail, soit le nombre d’heures de travail total de toute la population d’un pays, marché noir compris, étrangers compris (que Bercy sait estimer de façon assez précise) divisé par le nombre d’habitants.

Le travail des économistes me fait penser à une histoire drôle de JM Keynes pour résoudre le chômage : creuser des trous, les reboucher, creuser des trous, les reboucher. Les économistes le font, en faisant en sorte que ceux qui creusent ne puissent pas discuter de vive voix avec ceux qui les bouchent ! C’est plus sage, car quand on les met côte à côte, cela tourne vite au vinaigre, le ton monte.

K. Rogoff se dit économiste, j’ai l’impression d’avoir affaire à un piètre économiste qui donne son opinion sur le problème des migrants. N’espérez pas que je vous donne la mienne sur K. Rogoff, je n’ai pas encore rassemblé les éléments à charge ? Je ne prendrais pas une seconde pour reboucher les trous laissés par ce monsieur. Circulez, il n’y a rien à voir, que du trou sans fond ! Je préfère les dernières réflexions d’Olivier Blanchard.

J.O. Hairault donne son opinion sur le temps de travail. Il semble incapable de percevoir les tendances lourdes de nos économies et le but poursuivi par l’homme depuis qu’il existe : subsister agréablement bien et en paix sur terre et avec la terre, en travaillant à sa mesure dans un cadre motivant. Je vous donne mon opinion : J.O. Hairault n’arrive pas à discerner le vrai progrès du faux, dommage pour un économiste ! Trouver de bons sujets d’étude sans vision du future n’est que misère de la pensée économique : un clin d’œil à l’intuition de Paul Jorion qui en a fait un livre.

James Galbraith, Joseph Stiglitz, Thomas Piketty, Yannis Varoufakis disent tout haut ce que nos dirigeants et « capitaines d’industrie » mondiaux savent très bien sans en tirer la moindre conclusion car tel le naufrage du Titanic, ils pensent égoïstement (manque de réflexion) s’en sortir. Nous sommes mal barrés !

PS : cet écrit me soulage, je suis bien conscient que ce n’est qu’un trou de plus.

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Yves Vermont

A propos du sondage TNS-Sofres dont les résultats ne sont pas en ligne avec mon intuition, disposez vous de la question qui a été posée aux 1043 personnes interrogées, et la méthode de recrutement pour juger de la représentativité de l’échantillon ? Relayer une information non vérifiable ou non vérifiée me paraît d’une totale contre productivité car cela fait le lit de ceux dont vous doutez de la sincérité. Merci donc de clarifier ou de demander accès au questionnaire et à la méthode de recrutement et de nous les communiquer. Piloter autrement avec éthique, le sondage TNS-Sofres ne-donnerait-il pas le résultat inverse ?

Je pense que Kenneth Rogoff a raison de craindre le déclin, mais il ferait mieux de s’inquiéter du déclin programmé des USA. Il n’est pas trop tard pour que les USA se reprennent. Les USA se raccrochent cyniquement au Tafta qui leur permettra de durer quelques années de plus en « saignant » l’Europe mais la Chine a suffisamment bien analysé les errements des USA pour n’en faire qu’une bouchée le moment voulu. Reprenez-vous, messieurs les américains, on vous aura prévenus.

Vous citez le déficit de 10% du PIB par habitant sur lequel s’appuie K Rogoff, soit 200 Md de déficit. D’où vient ce chiffre ? Je croyais que l’Europe nous demandait de nous en tenir à 3,5 et que nous irons légèrement au delà de 4%. Ce chiffre a-t-il un rapport avec les mouvements de capitaux nécessaires pour équilibrer notre balance des paiements, contrepartie des « investissements » financiers ou industriels de la France à l’étranger, sorties de capitaux qui nous fragilisent et dont la décision est d’origine privée ?

Le temps de travail est un sujet qui permet aux économistes d’écrire des articles dont la productivité est négative. Pourquoi on ne commence pas par comparer les pays en s’appuyant sur l’indicateur globale du temps de travail, soit le nombre d’heures de travail total de toute la population d’un pays, marché noir compris, étrangers compris (que Bercy sait estimer de façon assez précise) divisé par le nombre d’habitants.

Le travail des économistes me fait penser à une histoire drôle de JM Keynes pour résoudre le chômage : creuser des trous, les reboucher, creuser des trous, les reboucher. Les économistes le font, en faisant en sorte que ceux qui creusent ne puissent pas discuter de vive voix avec ceux qui les bouchent ! C’est plus sage, car quand on les met côte à côte, cela tourne vite au vinaigre, le ton monte.

K. Rogoff se dit économiste, j’ai l’impression d’avoir affaire à un piètre économiste qui donne son opinion sur le problème des migrants. N’espérez pas que je vous donne la mienne sur K. Rogoff, je n’ai pas encore rassemblé les éléments à charge ? Je ne prendrais pas une seconde pour reboucher les trous laissés par ce monsieur. Circulez, il n’y a rien à voir, que du trou sans fond ! Je préfère les dernières réflexions d’Olivier Blanchard.

J.O. Hairault donne son opinion sur le temps de travail. Il semble incapable de percevoir les tendances lourdes de nos économies et le but poursuivi par l’homme depuis qu’il existe : subsister agréablement bien et en paix sur terre et avec la terre, en travaillant à sa mesure dans un cadre motivant. Je vous donne mon opinion : J.O. Hairault n’arrive pas à discerner le vrai progrès du faux, dommage pour un économiste ! Trouver de bons sujets d’étude sans vision du future n’est que misère de la pensée économique : un clin d’œil à l’intuition de Paul Jorion qui en a fait un livre.

James Galbraith, Joseph Stiglitz, Thomas Piketty, Yannis Varoufakis disent tout haut ce que nos dirigeants et « capitaines d’industrie » mondiaux savent très bien sans en tirer la moindre conclusion car tel le naufrage du Titanic, ils pensent égoïstement (manque de réflexion) s’en sortir. Nous sommes mal barrés !

PS : cet écrit me soulage, je suis bien conscient que ce n’est qu’un trou de plus.

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FREDERIC

Prendre en compte le taux d'emploi revient à tenir compte du nombre chômeurs Mais quelle est la pertinence de mélanger le temps de travail des travailleurs et les chômeurs (à 0 heures/semaine !) ? On peut se le demander...

Malheureusement le débat sur le temps travail est tellement électrique et idéologique en France que souvent les mêmes indicateurs limités et partiels sont utilisés: le temps de travail moyen à temps complet ou le temps de travail moyen en prenant en compte toute la population active (donc aussi celle des chomeurs). L'objectif est toujours, je dis bien toujours la même : prouver que les français sont des fainéants et par la même expliquer le chômage élevé. Le temps de travail moyen TOTAL et la productivité horaire démontrent pourtant le contraire, mais ces indicateurs bien plus pertinents sont volontairement occultés.

Le problème est malheureusement bien répandu : certains allemands ont conspués les Grecs en tant que pays du club med' alors que le temps de travail total ou même à temps plein d'un Grec devrait les faire rougir de honte !

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