Mise au point

Les ravages de l’austérité en Grèce en dix graphiques

Alors que les négociations s'accélèrent entre la Grèce et ses créanciers, retour sur les effets de l'austérité imposée par la Troïka. Une politique contre-productive d'un point de vue économique et socialement dévastatrice, comme le montrent ces dix infographies.

Certains de ces graphiques sont issus des travaux d’un économiste et syndicaliste grec, Christos Triantafillou, et ont déjà été signalés par Jean Gadrey sur son blog. Les autres viennent d’Eurostat ou encore d’un rapport d’un institut de recherche allemand. Tous sont accablants.

Tout d'abord, la cure d'austérité imposée à la Grèce n'a pas permis au pays de renouer avec la croissance, c'est plutôt l'inverse.

 
L'ajustement budgétaire conséquent consentis par la Grèce n'a toujours pas permis de réduire la dette publique grecque, qui reste à un niveau très élevé.
 
 
L'investissement a plongé en Grèce, mais aussi partout dans le reste de la zone euro.
 
 
Parmi les ajustements qui ont été imposés à la Grèce dans le cadre des plans de «sauvetage» appliqués depuis 2010, la baisse drastique du salaire minimum est spectaculaire.
 
 
Cette évolution est encore plus impressionnante quand on la compare à ce qui s'est passé dans les autres pays européens.
 
 
Une baisse du coût du travail qui n'a pas permis de relancer l'emploi ni de faire baisser le chômage, bien au contraire.
 
 
Plus inquiétant encore, la courbe du chômage de longue durée continue d'augmenter alors que le chômage total, lui, diminue légèrement. 
 
 
Conséquence de ce marché du travail déprimé, la pauvreté monétaire a augmenté de 3,4 points de pourcentage depuis 2009. Dans la zone euro, la hausse n'est que de 0,5 point sur la même période.
 
 
Cela a bien évidemment des conséquences très concrètes sur les conditions de vie des Grecs. L'incapacité grandissante d'une partie de la population à se chauffer en est un exemple parmi d'autres.
 

Au final, cette thérapie de choc aura eu pour conséquence d'alimenter le désespoir et la détresse sociale. Avec les risques politiques que cela induit, comme en témoigne l'essor du parti néo-nazi Aube dorée en Grèce.

 

Laurent Jeanneau et Alexis Toulon