Rapport parlementaire

Exclu : le vrai bilan des 35 heures

Claire Alet - Sandrine Foulon

13/12/2014

AlterEcoPlus s’est procuré le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’impact économique, social et sociétal des 35 heures qui doit être rendu public mardi 16 décembre. Très attendu, aussi bien par les partisans de la réduction du temps de travail (RTT) que par ses détracteurs, le document dresse pour la première fois un bilan détaillé de ce dispositif initié par les lois Aubry. Un travail salutaire. Car depuis plus de dix ans, la Dares, le service statistiques du ministère du Travail, n’a rien publié sur ce sujet devenu tabou aussi bien à droite qu’à gauche. Loin des postures idéologiques, la commission présidée par le député UDI Thierry Benoit – qui en a demandé la création – et pilotée par la rapporteure, la députée socialiste Barbara Romagnan, a auditionné pendant plus de six mois 39 personnalités issues du monde politique, syndical, universitaire, de l’administration et de l’entreprise.

Alors que la réduction du temps de travail revient régulièrement dans le débat – le récent rapport Pisani-Enderlein suggère un assouplissement des 35 heures, le ministre de l’Economie, auditionné par la commission, parle de les « faire respirer » et de « les faire descendre de leur piédestal »… –, le rapport éclaire sous un jour nouveau le bilan positif de la RTT que son image désastreuse, entretenue par des représentants de la droite et du patronat mais aussi par une partie de la gauche, avait réussi à occulter. Si les 35 heures ont perdu la bataille de la communication, elles ont gagné celle des chiffres. « Il n’y a jamais eu autant d’emplois créés qu’avec les 35 heures  », rappelle Barbara Romagnan. La réduction du temps de travail est « un pacte de responsabilité qui a réussi », ajoute-t-elle. A méditer, à l’heure où le chômage continue de battre des records.

Claire Alet - Sandrine Foulon